Pour mon amoureux et moi, il a toujours été impensable d’abandonner nos noms de famille. Nous nous sommes dit « oui » en conservant tous deux nos patronymes respectifs chéris.
Nous refusions de suivre la mode des noms accolés, solution un peu plus égalitaire mais au résultat selon nous indigeste.

Et puis j’ai médité (presque) tous les jours.
Trois années plus tard, j’ai changé de nom. La méditation a changé mon nom.

Je ne suis pas ce nom

Il existe un exercice de méditation consistant à amener une question et observer ce qui se passe. La plus connue est : « Who am I? » (Qui suis-je ?)
Je me suis posée cette question.

Je suis une femme, européenne, prof de Yoga…
Suis-je mon statut ou mon rôle social ?
Non. Je ne suis pas ma Bio Instagram, ma Headline LinkedIn, mon Intro Facebook, non plus.

Suis-je mon corps ?
Suis-je un écosystème ?
Suis-je mes réussites passées ? Mes futurs projets ? Mes émotions ou mes pensées présentes ?
Non, je ne suis rien de tout cela.
Je ne suis pas mon prénom ni mon nom.

En pleine méditation : « Qui suis-je sous ce costume de girafe ? » photo : Matthieu Arquey

Mon nom n’existe pas

Nan Yar (Qui Suis-je ?) est l’intitulé d’un essai présentant les enseignements de Sri Ramana Maharshi (1879-1950). C’est un classique court et disponible gratuitement en français aussi j’invite tous les jeunes Padawans à le lire 😉

Selon lui, en méditant sur la question « Qui suis-je ? » de nombreuses pensées surgissent ; il faut alors se demander à qui elles se présentent.
« Je » désigne le mental, constitué de pensées et constituant elles-mêmes ce que l’on appelle le monde. Ainsi, sans le mental, les noms et formes du monde n’existent pas. Seul le Soi existe.
Je précise que « Soi » avec une majuscule est à prendre dans le sens spirituel du terme.

Le guide spirituel explique que la méditation permet d’effacer le mental au profit du Soi. Ce dernier resplendit quand le monde disparaît et nous l’oublions quand le monde apparaît. Tu suis ?

« Je ne suis pas ce corps physique, […] Même l’esprit pensant, je ne le suis pas ; […] Après avoir rejeté tout ce qui a été mentionné ci-dessus comme n’étant « ni ceci ni cela », cette pure Conscience qui seule demeure — CELA je suis. »

Sri Ramana Maharshi

Ok, Sri Ramana Maharshi. Donc non seulement je ne suis pas mon nom, mais mon nom n’existe même pas, c’est bien cela ?

La méditation pour être libre

Mon nom de naissance était à mes yeux important, il m’appartenait, me définissait ; j’y étais attachée. La méditation m’a aidée à m’en détacher.

Le mariage m’a offert le choix de prendre le nom de mon mari comme nom d’usage. Pourquoi pas ? C’est amusant de changer d’identité comme un agent secret !
Ce changement symbolisant une nouvelle vie ne change en rien qui je suis.

Choisir le nom de mon mari est le choix que j’ai fait pour me libérer de mon nom.
Alors qu’en fait c’est quoi un nom ? La version poétique d’un numéro de lot pour la traçabilité, rien de plus.

J’ai changé de nom. N’y voyez pas une défaite face au patriarcat ; cela n’est pas anti-féministe.
C’est une étape de mon voyage vers la liberté.

PS : Tes ami·es méditent aussi ? Partage cet article pour leur faire (re)découvrir l’exercice de méditation « Qui suis-je ? « .